Décomplexés et décloisonnés, les jazzmen de la scène londonienne sont issus de plusieurs écoles : la Royal Academy, la Guildhall School of Music, le Trinity College et le conservatoire de Greenwich. Non formatés, ils ont formé depuis dix ans une multitude de groupes talentueux et novateurs qui, émergeant de l'undergound, imposent un jazz fusion à la planète entière avec comme fer de lance le virtuose Kamaal Williams né Henry Williams en 1989.

Après un album devenu un classique intitulé Black Focus avec aux baguettes Yussef Dayes, Kamaal Williams sort cet été 2020 sur le label Black Focus RecordsWu Hen, un disque magistral aux confins du jazz-funk, du hip-hop et de la musique électronique imposant ce musicien comme un artiste majeur incontournable.

 Ne résistons pas à l'envie de réécouter « Calligraphy » morceau extrait de Black Focus, album primé au jazz FM awards en 2016 :

L'univers de Kamaal Williams :

« J’ai fait beaucoup de graffiti quand j’étais plus jeune. Pour moi, la calligraphie et la musique sont similaires, tout est une question de flow. Quand j’ai appris à lire et à écrire l’arabe, j’ai trouvé cette langue magnifique. La personne qui a dessiné l’artwork  de "the return" est chinoise. C’est un mix entre deux types de calligraphies orientales, ce qui représente tout à fait ma musique.

Je suis assez influencé par la musique arabe. J’utilise notamment le guembri, un instrument marocain à trois cordes construit en peau de vache. Ce n’est pas vraiment un choix conscient, cela dit, j’ai juste une connexion naturelle à ce monde-là, à sa spiritualité. »

En quoi tes albums représentent Londres ?

« Naturellement, sans même le vouloir, mes albums représentent Londres puisque tous les membres du groupe sont de Londres. On a grandi avec le reggae, l’acid jazz, la grime, le garage… L’environnement que l’on connaît est gris, froid, bétonné et les gens que l’on croise sont à cran. Nous jouons Londres, plus que du jazz ou tout autre genre musical.

Le tempo de Londres est upbeat, c’est une ville où tout va très vite : il faut être rapide pour y survivre.

Ma musique est upbeat, moderne, brute, elle n’est pas technique car les arrangements sont simples. Je pense qu’elle n’est pas conventionnelle et qu’elle a un vrai côté urbain. »

Retrouvez l'interview complète sur Konbini.

A noter que le claviériste a signé également sous le nom d’Henry Wu: alias du musicien en DJ plusieurs maxis remarqués. C'est aussi un producteur chevronné fanatique de house. Et qui dit house dit groove électronique, voici The comet is coming, autre groupe phare mais plus free et futuriste rassemblé autour du saxophoniste Shabaka Hutchings:

En écouter plus : Retrouver 10 titres emblématiques de la scène londonienne et une sélection des discothécaires de la bibliothèque Marguerite Duras à Paris.

En savoir plus : un article sur le sujet dans la revue Tracks

Photo d'introduction Facebook de Kamaal Williams

Dans le catalogue de la Médiathèque départementale du Cher :

OPAC Sélection de notices

 

 

 

L’email a bien été copié